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Solvency II Vers une nouvelle gestion du risque pour les assureurs

Avec la réglementation européenne Solvency II, les compagnies d’assurance se préparent à définir de nouvelles règles de gouvernance. Et au-delà, avec l’appui du décisionnel, une nouvelle stratégie de gestion globale des risques.

Dans l’esprit des accords de Bâle II pour les banques, la réglementation Solvency II vise à déterminer le besoin en fonds propres des compagnies d’assurance et à fixer des modèles internes. La marge de solvabilité sera désormais définie en prenant en compte les différents types de risques (souscription vie et non-vie, risque de marché, risque opérationnel et risque de crédit), mais aussi la qualité de leur gestion. « La réglementation couvre l’ensemble des passifs du bilan ; c’est une petite révolution pour les assureurs ! explique Florence Giuliano, directeur de la practice Risques chez SAS France et spécialiste de l’assurance.

Les trois piliers de la réforme

Comme Bâle II, la nouvelle réglementation est basée sur trois piliers. Le pilier I, qui vise à mesurer les risques de manière quantitative, définit notamment un nouveau seuil de capitalisation, le SCR (Solvency Capital Requirement), qui marque le niveau de capital souhaité.

Le pilier II propose un cadre de gouvernance pour renforcer la surveillance prudentielle et harmoniser les processus de contrôle interne. Le pilier III, enfin, fixe la discipline de marché pour accroître la transparence des informations transmises aux assurés et aux autorités de contrôle. Avec une approche plus financière des risques, l’enjeu est clair pour les compagnies d’assurance : il s’agit bien d’économiser des fonds propres - un enjeu particulièrement important en France, où le marché apparaît sur-provisionné.

Objectif 2012... en passant par 2008

Le calendrier fixé prévoit une mise en œuvre progressive de chacun des piliers. La directive européenne devrait entrer en vigueur en 2009, pour une application complète en 2012. La prochaine étape sur ce chemin est fixée en juin 2008, avec la finalisation d’une étude d’impact quantitatif portant sur la mise en œuvre du premier pilier.

Et déjà, les grands assureurs voient plus loin. « Les principaux groupes assureurs travaillent sur le premier pilier depuis près de 4 ans, souligne Florence Giuliano. Ils n’ont pas attendu une pression du régulateur pour travailler, et sont prêts à franchir une nouvelle étape. » Cette nouvelle étape passe notamment par la consolidation des différents risques. « Aujourd’hui, les assureurs ont un souci pour agréger leurs données au plus haut niveau », explique Florence Giuliano. Avec la mise en place de datamarts spécifiques, les outils décisionnels constituent la réponse la plus adaptée à ce souci récurrent.

Le décisionnel au cœur des chantiers Solvency II

Le décisionnel permet également d’industrialiser les processus. « Aujourd’hui, de nombreuses opérations se font encore à la main, avec les erreurs potentielles que cela induit... avec des pertes de temps, lorsqu’il s’agit d’agréger soi-même une quinzaine de tableaux Excel ! » témoigne un cadre de l’assurance. Solvency II et les outils décisionnels permettent aux compagnies de disposer d’une mesure homogène et transversale du risque Les solutions intégrées comme celle que propose aujourd’hui SAS couvrent l’ensemble de la chaîne, de la constitution des datamarts (en sélectionnant les données pertinentes) jusqu’aux tableaux de bord de reporting, en passant par la modélisation et la simulation.

« La puissance des outils et leur intégration constituent les principaux avantages pour les assureurs », précise Florence Giuliano, qui souligne aussi que le code informatique reste accessible - un élément important pour le régulateur en vue de l’obligation de transparence du pilier II.

Vers une gestion globale des risques

Avec Solvency II et les outils décisionnels, les assureurs peuvent attendre plus qu’une simple économie de fonds propres. « Nos solutions permettent aux compagnies de disposer d’une mesure homogène et transversale du risque », souligne Florence Giuliano. La possibilité de simulations au niveau du groupe (et non plus par activité) permet notamment de mieux anticiper les risques globaux et d’optimiser l’allocation des actifs.

Le décisionnel permet aussi de mieux définir la sensibilité au risque - donc de réduire à la fois les coûts... et les pertes liées à la fraude. « En agrégeant des données aujourd’hui dispersées, poursuit Florence Giuliano, le décisionnel permet aux entreprises de prendre de la hauteur... et donc de voir des choses qu’elles ne pouvaient pas voir auparavant. » Et de citer l’affaire Kerviel, où la fraude aurait pu être détectée si les données RH (i.e. le refus de Jérôme Kerviel de prendre des congés malgré l’obligation qui lui en était faite) et les données opérationnelles avaient pu être croisées.

Au-delà de Solvency II, les compagnies d’assurance et de réassurance pourraient ainsi entrer dans l’ère de l’ERM (Entreprise Risk Management), où chacune des entités de l’entreprise contribue, de façon intégrée, à la prévention, la détection, l’analyse et la gestion des risques. « Globalement, l’amélioration des systèmes de gestion des risques contribue à l’amélioration de la performance des entreprises, par la précision des stratégies et l’optimisation des ressources », conclut Florence Giuliano.

publié le 26/05/2008