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Marcel Lemahieu (SAS) : "Toutes les directions sont concernées par la Business Intelligence"

Du pilotage des activités à l’optimisation des décisions, la Business Intelligence fait son chemin dans les entreprises et organisations françaises. Quels sont les fondements et les facteurs de succès d’une telle démarche ? Le point avec Marcel Lemahieu, expert décisionnel de SAS.

Pouvez-vous définir ce qu’est la « Business Intelligence » (BI) ?

Aujourd’hui, les différentes directions de l’entreprise - fonctionnelles ou métier - ont clairement besoin d’outiller leurs processus, qu’ils soient stratégiques ou opérationnels. La première réponse de la Business Intelligence consiste donc à leur permettre d’assurer le pilotage et le suivi de leurs activités, en s’appuyant sur un ensemble d’indicateurs relatifs à la fois à l’efficacité et à l’efficience de l’organisation. En somme, il s’agit de pouvoir répondre à deux questions essentielles : tout d’abord, ai-je atteint mes objectifs ? Et ensuite, le choix des moyens mis en œuvre est-il pertinent par rapport aux coûts induits ?

Au-delà du reporting, la deuxième composante de la BI consiste à mettre à disposition des collaborateurs de l’entreprise les outils qui vont leur permettre d’optimiser leurs prises de décision y compris dans les processus les plus opérationnels. Par exemple, au niveau commercial, il s’agit de détecter, pour un segment de clientèle donné, les produits les plus appropriés aux caractéristiques de cette cible, et d’adapter en conséquence les processus de vente. En ce sens, la BI ne consiste pas uniquement à fournir des reportings sur des activités passées, mais inclut une dimension prédictive dont les enseignements sont directement utiles pour adapter des décisions stratégiques autant qu’opérationnelles.

Pensez-vous que cette démarche soit déjà ancrée dans la culture des entreprises françaises ?

En France, les entreprises sont déjà bien sensibilisées aux enjeux de la BI, et en perçoivent les bénéfices au quotidien, du moins pour les plus importantes d’entre elles. Cependant, si elles ont globalement bien saisi les apports de la BI en terme de gestion des processus et des performances, il n’en est pas de même pour la composante analytique et prédictive. Or, les bénéfices associés à l’intégration de la BI en amont des processus décisionnels peuvent être considérables !

Dans le secteur de la production d’énergie par exemple, une entreprise qui s’appuie sur les outils de Business Intelligence peut prévoir non seulement l’évolution globale de la demande en fonction des moyennes saisonnières, et adapter en conséquence sa production, mais aussi de façon plus segmentée, par catégorie de clients et par produit. De la gestion des risques (opérationnels ou financiers) à l’analyse prédictive des comportements clients, en passant par le management prévisionnel des ressources humaines ou encore l’optimisation de la fonction achats, toutes les directions de l’entreprise sont concernées car elles ont toutes besoin de mieux comprendre et prévoir dans le cadre de leur processus métier. Et c’est précisément l’un des apports de la BI que de permettre de répondre à ces enjeux.

Les directions des services informatiques (DSI) y sont-elles suffisamment préparées ?

Pour les DSI, il s’agit d’un véritable challenge. Elles sont en effet amenées à réfléchir non plus en terme de processus standard dont le déploiement et l’exploitation répondent à des mécanismes industrialisés, mais à des contraintes métier spécifiques et très évolutives. Mettre en place des solutions de BI demande de comprendre les besoins métier sous-jacents, et d’intégrer la dimension analytique en plus de la gestion des données.

De plus, pour des utilisateurs dont les exigences augmentent (précision des données, possibilité de faire des requêtes ad hoc, adaptation au changement, etc), les DSI se doivent néanmoins de livrer des solutions industrialisées qui rentabilisent au mieux l’investissement réalisé.

Quels sont les facteurs clés de succès dans le déploiement de la Business Intelligence en entreprise ?

L’équilibre entre les besoins de la maîtrise d’ouvrage et les contraintes de la maîtrise d’œuvre est un élément crucial dans la réussite d’un tel projet. La qualité du dialogue entre la DSI et les directions utilisatrices et le compromis trouvé entre les contraintes technologiques et financières d’une part, et les besoins métier d’autre part déterminent directement le succès d’une telle solution et son degré d’appropriation.

Quelles en sont les implications au niveau du système d’information de l’entreprise ?

Aujourd’hui, et comme le montre une récente enquête menée à l’initiative de SAS et en partenariat avec le magazine CIO (voir : http://www.decisio.info/entreprises_et_decisionnel.html), les entreprises ont souvent intégré plusieurs solutions décisionnelles. Cette situation est loin d’être optimale : en effet, les nouveaux besoins exprimés par la maîtrise d’ouvrage conduisent à faire évoluer ces solutions tous les 6 mois environ, ce qui engendre à chaque fois des impacts sur les données, et implique de solliciter les équipes de développeurs pour répondre aux besoins de traçabilité.

En revanche, capitaliser sur une plate-forme globale de Business Intelligence permet une plus grande souplesse et une meilleure adaptation aux changements de processus. L’évolution des applications respecte dans ce cas la cohérence des données et évite les problèmes de synchronisations ultérieures.

S O L U T I O N S
Pour en savoir plus sur les solutions de Business Intelligence de SAS :
http://www.sas.com/offices/europe/france/software/technologies/bi/index.html
et sur la plate-forme décisionnelle d'entreprise :
http://www.sas.com/offices/europe/france/software/technologies/index.html

publié le 02/11/2005