Entreprises et décisionnel Etat des lieux, objectifs et perspectives
Où en sont les entreprises dans leur recours aux solutions décisionnelles ? Le magazine CIO, destiné aux décideurs informatiques, a mené l’enquête auprès de 140 grandes entreprises. Eric Ochs, Directeur général du Groupe IDG - éditeur de CIO, en livre les principaux enseignements.
Au regard des résultats de cette enquête, quel est l’état des lieux en matière de projets décisionnels dans les entreprises en France ?
On relève une coexistence de plusieurs applications décisionnelles. Globalement, le niveau d’avancement dépend des activités concernées. D’un côté, les entreprises ont atteint une certaine maturité dans les projets mis en œuvre jusque-là, et relatifs, pour la majorité d’entre eux, aux activités financières et commerciales. Et de l’autre, les projets actuellement en cours ou à venir visent un périmètre plus élargi de l’entreprise, incluant à des niveaux équivalents toutes les autres activités : production, logistique, achats, ressources humaines ou marketing, sans oublier la DSI elle-même.
Quels sont les objectifs recherchés par les entreprises lorsqu’elles investissent dans des projets décisionnels ?
Piloter la performance, diminuer les coûts opérationnels et augmenter la productivité restent les objectifs premiers. Parmi les fonctionnalités décisionnelles phares, on ne s’étonnera pas de retrouver celles répondant aux besoins en termes de reportings et de tableaux de bord.
Cela s’inscrit dans une tendance qui affirme une certaine démocratisation des solutions décisionnelles dans l’entreprise. Historiquement, les applications décisionnelles sont associées à des projets relativement lourds, s’adressant à des experts. Aujourd’hui, on note une volonté claire de disposer d’outils souples, plus près des objectifs métiers et des usages que peuvent en faire les opérationnels. La facilité de déploiement et d’usage de ces solutions deviennent donc des critères discriminants.
Est-ce à dire que le rôle des directions informatiques tend à diminuer au profit d’autres directions métiers pour ce type de projet ?
Pas vraiment. La direction générale associée à la direction informatique restent les principaux décisionnaires en matière de budget alloué et de prestataires choisis. La direction financière ne définit le budget de ces projets que dans un cas sur cinq. De même, l’extension du parc d’utilisateurs est une formidable opportunité pour les DSI : elles peuvent inscrire le déploiement des solutions décisionnelles dans le cadre d’une relance des grands projets informatiques.
La communication avec les responsables fonctionnels - en amont des projets puis dans les phases de déploiement et d’utilisation effective - s’ajoute aux missions des DSI, en plus de la gestion informatique des projets. Les équipes informatiques ont tout à gagner dans cette collaboration avec les autres directions : d’une certaine manière, cela contribue à diminuer leur isolement souvent constaté dans l’entreprise.
Concernant la mise en place d’un projet décisionnel, quels sont les facteurs clés de succès identifiés par les entreprises interrogées ?
En cohérence avec l’élargissement du recours aux solutions décisionnelles, parmi les premiers facteurs clés cités figurent l’adéquation aux objectifs métiers, l’adhésion des utilisateurs et l’implication de la direction générale. Ce dernier point est à mon sens essentiel, car l’implication effective des différents départements dépend beaucoup de la capacité de la direction générale à placer ces projets au rang des processus et des évolutions véritablement critiques pour l’entreprise.
Quels sont les éventuels freins ou obstacles rencontrés par ces entreprises dans la mise en place de projets décisionnels ?
Les entreprises affirment trouver des difficultés à calculer le ROI des projets décisionnels. Mais en réalité, cela est le cas de tout projet informatique. En revanche, les solutions décisionnelles ont ceci de spécifique : elles figurent parmi les rares applications très directement liées au business, puisqu’elles servent en particulier la stratégie commerciale de l’entreprise et celle de ses coûts.
Si elles peuvent difficilement calculer le ROI du projet lui-même, les entreprises étudiées sont toutes convaincues de la nécessité de disposer de ces applications à des fins de pilotage. Leur généralisation à toutes les directions en est une preuve suffisante ! Il faut considérer ces solutions comme un outil au service du développement global de l’entreprise, au-delà du ROI du projet informatique en lui-même.
Enfin, quelles sont les perspectives dans ce domaine ?
Tout d’abord, près de deux tiers des entreprises interrogées affirment envisager un nouveau projet décisionnel, à court et moyen terme. Pour près de 40% d’entre elles, ces projets s’inscrivent dans une échéance de quelques mois à un an. Parallèlement à l’extension des outils décisionnels existants, plus de 40% des entreprises prévoient un déploiement vers de nouvelles activités métiers et plus du tiers l’extension du nombre d’utilisateurs. Globalement, cela confirme la tendance vers une plus grande décentralisation de ces projets au niveau de leur déploiement et de leur utilisation.
Le Groupe IDG est également éditeur de magazines comme CSO, Le Monde Informatique, Réseaux & Télécoms ou encore Distributique.

publié le 01/09/2005

